Nishat 287

Propos féminins dans la brise d’été

( fraîcheur ailée toujours un peu grave )

autour de mets et de vins raffinés

qui font aimer ce séjour de ténèbre

Propos de joncs de lotus de mangrove

Soleil s’il te plaît disparais lentement

Qu’on oublie un peu ta prééminence

AP

( 28 février 2021 )

Nishat 286

Plus vite que moi tant de choses passent

sans retour Rivages tièdes de jadis

lentement disparaissent avec

leurs invertébrés imperceptibles

et le mystère plus profond du vivant

Lisons-nous donc moins vite

que ce qui s’écrit sans nous

( L’avenir a souvent d’autres couleurs )

AP

( 27 février 2021 )

Nishat 285

Clématite fougère-aigle araucaria

grande rémige et duvet d’oison

carmins gourmands créolités subtiles

voies de couleurs immenses tombant

de ciels incroyables – Dieu ou non

Qui le saura dans cette éternité

( Toutes les choses ont un nom et pourquoi )

AP

( 25 février 2021 )

Nishat 284

Nef arrondie qui nous emportes

vers quel orient mystérieux hors de portée

de nos sens même augmentés

Tu as vu les deux nuages de Magellan

la Croix du sud et Orion à l’envers

Solitude sous le ciel noir

dans la nuit maternelle close

et sans limites

AP

(20 février 2021)

Nishat 283

J’ai suivi en rêve un lièvre variable

( rêve et roche, guerre et paix )

et crinché de mes guêtres des neiges

immaculées sauf de très petits emblèmes

politiques, traces de tant de gens :

S’il vous plaît laissez-nous

Jeunes bien fourrés sur des chevaux fougueux

AP

(4 février 2021)

Nishat 282

Les charmes entêtants de la vie immédiate

nous rapprochent subrepticement de l’immortalité

Enfant on s’accroupit devant une procession de fourmis

( Quel travail au juste, comment se pensent-elles )

Devenu vieux on regarde avec une sorte d’impartialité

sur de petits écrans les affaires d’un monde

toujours aussi extravagant, pas davantage

AP

(23 janvier 2021)

Nishat 281

Assis à un piano romantique

acquiescer à l’ordre universel

semble plus facile Il n’en est rien

Ebène ivoire nous accablent

quand la cible de ce monde est la douceur

partagée Toute autre est imposture

Nous bâtissons sur notre ruine rien d’autre

AP

(18 janvier 2021)

Nishat 280

Avec nous tous nos paysages

vont sombrer et les oiseaux les nuages

les hermines les salamandres

les derniers glaciers leurs bactéries

et des abysses impossibles comme nous

Océans de Titan Pyrénées sous Pluton

mystères insondables de nos coeurs

Alors au fond quelle importance

si Shakespeare est une pelouse

Racine le commencement d’un jardin

et Tchekhov un épicéa

AP

Nishat 280

Nishat 279

Loin des aléas de la vie empirique

s’érige une statue de sel et d’ambre

faite de nos douleurs de nos rêves

incommensurables ( szlon tangage et roulis )

Quant à l’âme ou esprit on ne sait

ni le début ni la fin Comme la cueillette

des myrtilles sauvages

AP

(14 janvier 2021)