Nishat 161

Les cailloux couraient à droite et à gauche

Je me suis arrêté pour saluer un pin à crochets

fort ancien sans doute mais sans mémoire

noueux et sec comme les vieux de mon enfance

Un freux a crié j’ai omis de lui répondre

Tout le paysage me l’a fait payer

Alain PRAUD

Nishat 157

Le poème devrait être comme un souffle
d’enfant qui dort Comme le dernier rayon
avant la pacification des oiseaux
comme ce qui vit entre la corde et l’archet
comme entre la lèvre et le duvet de la joue
comme le rayon vert sur la ligne grise d’océan
où la lumière ne meurt que pour renaître

Alain PRAUD

Nishat 155

Que sommes-nous qu’une trace de couleur
sur une paroi ocre ou cinabre on a soufflé
sur sa main ouverte comme notre main ou
à peine plus petite on ne sait pourquoi

Aïeux pardonnez à notre ignorance
mains de suie torches éteintes et cependant
enthousiastes montés sur les épaules
de solides pairs mâcheurs d’herbes

tous après cette étoile mouvante
qui pourrait bien éteindre les animaux

Alain PRAUD

Nishat 155

Nishat 154

Si près de chez moi j’aimais jouer
jusqu’à la tombée du soir où certains
usaient de balles luminescentes
Celles de mes prédécesseurs je les collectais
sans trop savoir à qui les rendre
Certains gagnés par quelque passion triste jetaient aussi leurs clubs
Là tout de même au mépris de mon jeu pressant le pas
sous le cruel ricanement d’une pie
C’est terrible, juste après la lumière