Nishat 166

Reste sourd coeur éveillé n’écoute pas

la lourde nuit qui veut progresser en toi

à toute force avec son cortège d’effacés

Un vaisseau maternel à toutes voiles

glisse chargé d’enfants de fruits

Le ciel s’ouvre le vent caresse

L’horizon infiniment se déploie

Alain PRAUD

pour Anise

Nishat 165

Je n’aurai pas vu l’Océan Pacifique

ni le Fuji San le Kinkakuji

mais chez mes amis je cause avec une abeille

en la regardant travailler seulement

Et comment dire travailler c’est créer des fleurs

qui seront miel et parole et pensée peut-être

pour mes descendants

Alain PRAUD

Nishat 164

Le monde est ce manteau d’Arlequin

qu’on ne sait en naissant la poussière

des ailes de tant de papillons envolés

l’éclat égyptien de tant de carabes

la merveille au sommet d’un col

sous l’orage d’une salamandre à peine

dérangée, cela

Alain PRAUD

Nishat 161

Les cailloux couraient à droite et à gauche

Je me suis arrêté pour saluer un pin à crochets

fort ancien sans doute mais sans mémoire

noueux et sec comme les vieux de mon enfance

Un freux a crié j’ai omis de lui répondre

Tout le paysage me l’a fait payer

Alain PRAUD