Nishat 282

Les charmes entêtants de la vie immédiate

nous rapprochent subrepticement de l’immortalité

Enfant on s’accroupit devant une procession de fourmis

( Quel travail au juste, comment se pensent-elles )

Devenu vieux on regarde avec une sorte d’impartialité

sur de petits écrans les affaires d’un monde

toujours aussi extravagant, pas davantage

AP

(23 janvier 2021)

Nishat 281

Assis à un piano romantique

acquiescer à l’ordre universel

semble plus facile Il n’en est rien

Ebène ivoire nous accablent

quand la cible de ce monde est la douceur

partagée Toute autre est imposture

Nous bâtissons sur notre ruine rien d’autre

AP

(18 janvier 2021)

Nishat 280

Avec nous tous nos paysages

vont sombrer et les oiseaux les nuages

les hermines les salamandres

les derniers glaciers leurs bactéries

et des abysses impossibles comme nous

Océans de Titan Pyrénées sous Pluton

mystères insondables de nos coeurs

Alors au fond quelle importance

si Shakespeare est une pelouse

Racine le commencement d’un jardin

et Tchekhov un épicéa

AP

Nishat 280

Nishat 279

Loin des aléas de la vie empirique

s’érige une statue de sel et d’ambre

faite de nos douleurs de nos rêves

incommensurables ( szlon tangage et roulis )

Quant à l’âme ou esprit on ne sait

ni le début ni la fin Comme la cueillette

des myrtilles sauvages

AP

(14 janvier 2021)

Nishat 262

Voués dès l’enfance à la musique bonne

( celle qui augmente et cimente, la jointive)

  • ce qui n’est pas elle est bruit et fureur –

A la musique vraiment pensée joinstuite

il semble qu’on ne peut en conscience résister

Et c’est un autre secret du monde

Alain PRAUD

Nishat 256

Enfant pleinement oiseau insecte

puis très vite la tyrannie de la pensée

On s’habitue oui comme tout le monde

séparé de l’Un par une main impérieuse

Enfant le hululement nous effraie

parce que c’est le cri même de la nuit

Maintenant je voudrais être requin

rapide élégant à tout adapté

à tout performant tout le temps heureux

sans savoir ce que c’est

Alain PRAUD

(17 septembre 2020)

Nishat 200

Palpite en nous une mer lumineuse,

scintille en nous un désert martien ;

jaillit en nous un monde hydrothermal

et ses vers invraisemblables – ainsi les miens.

Ce monde est le rêve d’un poète devenu

fou, trop tard pour se réveiller alors va

Alain PRAUD