Nishat 218

Mesurera-t-on la détresse

des étoiles des galaxies

si éloignées si étrangères

( par exception la main gauche

tient la droite et l’étreint )

Sommes-nous devenus ainsi

privés de matière en somme

condamnés à l’espacement

orphelins du réel

Alain PRAUD

Nishat 217

Le ciment bleui par l’ombre des arbres

l’ombre gagne l’herbe et se ramifie

par capillarité elle prend en verdure

( vingt nuances sans compter les bleus )

Tout alentour le monde se moralise

vaisseau après vaisseau tant il est vrai

que la plante a pris barre sur nous

Alain PRAUD

Nishat 215

Devions-nous tellement nous prolonger

comme une batteuse du vivant ( capri

cieusement ) quand un poing s’est abattu

sur la batterie et les accessoires

de l’immense qui sous nous se dérobe

N’importe comme les petits les lucides

nous voici à la marelle dessinée

de frais juste avant nos frayeurs

Alain PRAUD

Nishat 214

Nos grands-pères allaient à l’école pieds nus

les souliers sur l’épaule pour ne pas les user

ou en sabots sur des verstes des li des lieues

par tous les temps concevables

Dans l’aube où les coqs s’interpellent

avec le sommeil leur mémoire m’étreint

Ame en toi je ne crois guère nous sommes

las ou ardents sur un coteau de tessons

Alain PRAUD

Nishat 213

Le temps de notre vie n’est à nous ni personne

il s’écoule sous l’horloge des astres

et d’autres choses subtiles comme l’immense

gestion centralisée ( même pas sûr ) de ce corps

que nous croyons nôtre depuis si longtemps

et qui jour après jour par bribes nous échappe

sans vraiment nous en informer

tandis que le monde déroule son diaporama

Alain PRAUD