Deux choeurs de concert (juin 2019)

Joseph Guy Ropartz, plus connu comme Guy Ropartz (1864-1955) est un compositeur trop rarement joué, comme d’autres de sa génération – Pierné, Dukas, Koechlin, le grand Albéric Magnard son ami (dont l’opéra Guercoeur, qui n’avait plus été joué depuis sa création en 1931, est représenté ces jours-ci à…Osnabrück), tué en 1914 en défendant sa maison contre l’envahisseur… Cependant nous sommes des privilégiés, puisque lors d’un concert à deux chefs (juin 2016, avec Michel Piquemal) nous avions déjà entendu le Psaume 119 dirigé par Daniel Bargier. Cette fois Daniel a choisi le Psaume 136 (1897, en français) et l’impressionnant Psaume 129 ou De profundis (1941), défendu au disque par Michel Piquemal avec le Requiem du même Ropartz – l’unique référence discographique pour ces deux oeuvres semble-t-il. C’est une musique exigeante, fervente, contrastée, véhémente quoique résolument tonale, où l’on a pu goûter une fois encore la prestation de Din Rajaoson, jeune baryton qui se bonifie d’année en année.

Cette fois c’était un concert non seulement à deux chefs mais à deux choeurs, puisque Jacques Detan était invité avec son ensemble Villancico qui fête ses 40 années d’existence et qui est bien connu à la Réunion. Ils donnaient à entendre deux fragments du Requiem (1985) de l’Anglais John Rutter, dont le Choeur Régional avait donné (2013) le grand Gloria avec Daniel Bargier au pupitre.

Puis les deux choeurs fusionnent (Villancico / Choeur de chambre du Conservatoire), et sous la direction de Daniel Bargier l’église retentit des Chichester Psalms (1965) de Leonard Bernstein. Malgré la célébrité de son auteur, cette oeuvre très atypique est moins jouée que l’illustre West Side Story dont Spielberg prépare une nouvelle version cinéma. Commandée par la cathédrale de Chichester en Angleterre, mais d’abord créée à New York avec grand succès, l’oeuvre plutôt ample (25′) reprend des fragments en hébreu de la Bible hébraïque, qui vont de la sérénité rêveuse à cette rythmique impétueuse voire violente qui porte la marque du grand Lenny. Pas facile donc, surtout que les deux choeurs ne sont pas toujours au même niveau technique ; mais ça passe, et même fort bien. Je dirai même que la relative timidité des uns, mêlée à la relative assurance des autres, produit une sorte de léger tremblé photographique qui ne nuit pas à l’expressivité de l’ensemble, bien au contraire ! Très remarquée et donnée en bis, la deuxième partie (sur trois) nécessite en soliste un garçon soprano (Psaume h131, « Adonai, Adonai ») : c’est peu dire que la voix d’ange du très jeune Théo Chavriacouty, élève du cursus Jeunes Voix du CRR, n’a pas transporté que sa famille mais l’ensemble du public. Merci à tous !

Alain PRAUD

Un commentaire sur “Deux choeurs de concert (juin 2019)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s