Autour de Debussy, un beau moment de musique

Je suis depuis longtemps l’EIB (Ensemble Instrumental de Bourbon) qui sous la direction de Michel Amadieu progresse d’année en année. Et cette année est un grand cru. D’abord parce que Michel Amadieu s’est investi encore plus que de coutume, c’est tout dire, dans cette série de concerts. Pourquoi ? Parce qu’il s’y est investi en tant qu’arrangeur, orchestrateur (la sonate cello-piano de Debussy transcrite pour soliste et orchestre), et même, et surtout, véritable compositeur. Car sa Rhapsodie en forme de medley sur des thèmes de Debussy (création mondiale en l’église de la Chatoire et en présence du curé le plus mélomane que je connaisse) rend hommage et magnifiquement au génie de Pelléas et Mélisande, de La Mer et de L’Après-midi d’un Faune, entre autres. Entré par effraction, c’était son droit, dans l’univers debussyste si complexe, Michel Amadieu en ressort non seulement vivant mais triomphant. Son oeuvre a été longuement plébiscitée par un public exigeant.

Et puis il y avait Nils Oyrup. Le violoncelliste virtuose et pilier du Kwatyor nous a hélas quittés il y a deux ans pour une autre brillance en métropole (présentement cello solo de l’orchestre de Pau) (je lui pardonnerai quand il sera soliste au Capitole de Toulouse, LOL). J’ai déjà écrit sur ce garçon délicieux plein d’humour et pour qui le violoncelle n’a pas l’air d’être autre chose qu’un outil à soulever les montagnes. J’étais à un mètre de lui donc je voyais tous ses doigtés et je connais par coeur depuis un demi siècle ce concerto de Lalo que je place juste à peine en dessous de celui de Schumann. Nils te vous empoigne ça comme s’il s’agissait d’une formalité (précision : il était descendu de l’avion à midi), ses doigts courent sur les cordes comme s’il s’agissait d’une mise en train, et c’est gagné, le merveilleux optimisme de ce concerto (ne dites pas que nous n’en avons pas besoin) produit tout son effet. Longue, longue ovation d’un public conquis.
Nils la prochaine fois tu nous joues le Schumann, c’est une injonction.

On aura remarqué dans l’orchestre la présence de la grande Eva Tasmadjian venue soutenir son complice du Kwatyor, formation dont on sait combien je l’idolâtre comme on dit chez Molière. Plus généralement la question est celle de l’impermanence des choses, amitiés, amours. Moi je suis tout de suite aux amours, certaines gens nous manquent, d’autres menacent de nous manquer, que vais-je devenir ici si c’est Alcatraz ? Je plaisante, chacun a ses raisons. Michel Amadieu, surtout reste ici, c’est bon, tu as fait tes preuves et au delà.

Alain PRAUD

On peut lire aussi, sur ce même blog :

Debussy, cent fois déjà
Et encore quelques notes (juin 2018)

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