Mono no aware, 11 : Ris pas de la pauvre Vénus

Je croyais avoir asphyxié la question dès avril 2011 (Inactuelles, 13 : la plus vieille hypocrisie du monde) – mais non : la bêtise est contagieuse, ou c’est que les femmes-au-gouvernement ont décidé qu’elles ne savaient plus lire (car on pense bien que mes arguments sont partagés par des légions d’écrivants). Voilà en effet que sur l’épineuse question de la prostitution de rue le discours de Mme Bachelot est repris quasi texto par Mme Vallaud-Belkacem, porte-parole (autrement dit : menteuse) de l’actuel gouvernement. Leur solution, droite et gauche confondues ? Il faut frapper le client. Car le proxénète, on ne sait pas où il se cache, ni même s’il existe ; alors que le client, oui – dans la rue en tout cas on ne voit que lui. Et de s’approprier l’argument-massue de la majorité précédente : la Suède (curieux comme le « modèle suédois » revient périodiquement et à tout propos : pureté idéologique du froid ? fascination pour l’église luthérienne tendance Bergman ? on se perd en conjectures).

Oyez, braves gens : la Suède, en taxant et humiliant le client, a divisé par deux la prostitution de rue…Autrement dit, pour le faire court mais autrement plus vrai, elle a fait fuir des quartiers résidentiels, et refoulé dans les marges industrielles plus glauques et mal éclairées (puisque inhabitées) où elles seront plus aisément maltraitées et le mot est faible, quelques milliers de pauvres filles, nullement suédoises (ah, le mythe de la Suédoise…) mais roumaines, moldaves, albanaises, ghanéennes, nigérianes, qui bien entendu ne parlent pas le suédois, cette langue impossible, et sont de facto à la merci de la police et des julots, en cheville là-bas comme partout. Appliqué à Paris, ce « modèle » revient à les envoyer au-delà du périphérique, où de toutes façons, c’est vrai, les clients n’iront pas. Les clients, non ; les violeurs et les égorgeurs, oui. Imagine-t-on une situation où parce qu’on aurait interdit de fumer dans les rues le tabagisme aurait illico été divisé par deux ? C’est pourtant ce que croient, main dans la main, Mme Bachelot et Mme V-B. C’est bien dommage que Michel Audiard ne puisse pas nous faxer les répliques qu’il est en train de déclamer devant des anges pliés en quatre.

Car quel est le dessein ultime qui justifierait ces mesures vexatoires et finalement inhumaines ? Mais, toujours le même : l’abolition de la prostitution, ce truc médiéval, traduction sexiste et perverse de l’exploitation capitaliste de l’homme par l’homme… On se souvient – enfin, les vieux – que l’URSS et ses media automatisés avaient aboli non seulement la prostitution mais les faits divers en général ; avec les seconds couteaux de F.Hollande et de son insipide premier ministre, nous y allons, n’ayez crainte. On va finir par regretter DSK.

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