Mono no aware, 3 (Can I bis ?)

Sachant que ce blog est un exercice de vérité (du moins chaque fois que je le décide) je n’ai pas l’intention de me dérober : oui, chers lecteurs, j’ai consommé du cannabis. Certes c’était il y a très longtemps ; à une époque où l’on regardait avec commisération ceux et celles qui n’avaient pas au moins essayé. J’ai donc essayé, en Espagne : herbe pure, alcool, coma autistique. Puis au Kashmir où c’était un produit de consommation courante, avant que là comme ailleurs les islamistes radicaux ne dispersent les cartes avec le godemiché de l’hypocrisie. Car je doute fort que la fructueuse culture du cannabis kashmiri ( le meilleur du monde aux dires des connaisseurs) ait cessé d’un claquement de doigts. Qu’elle serve à financer le terrorisme inspiré par le Pakistan, c’est en revanche hautement probable.

Mais laissons cette époque paradisiaque, révolue, qui ne reviendra pas plus que la sensibilité rousseauiste et le romantisme subséquent. Il se trouve qu’en 2012 des ministres (du même gouvernement) s’empoignent sur le sujet, et se font « recadrer » (comprendre : incendier) par le proviseur-adjoint, mandaté par le vrai chef. Y compris, c’est le comble, le ministre de l’Education (dit-on encore nationale ?) qui ose soulever le caillou brûlant de la dépénalisation. Quel que soit l’avis qu’on peut avoir sur la question (le mien n’est nullement arrêté), prétendre empêcher tout débat, comme on le fait sous la pression d’une droite psychorigide, me semble délétère, et se paiera. D’abord parce que continuer à dire « la drogue » en excluant de ce champ sémantique le tabac et l’alcool, autrement mortifères, est socialement irresponsable ; et puis parce que la stricte prohibition, et la pénalisation de la consommation, ont échoué. Un lycéen sur cinq en consomme régulièrement, près d’un (et d’une) sur deux y a goûté. On peut, comme Darius, ordonner de fouetter la mer. Elle flue et reflue à son gré.

Ce chantier aurait dû être considéré par la nouvelle majorité comme une absolue priorité, car rien ne sert d’affirmer la primauté de l’éducation si les élèves enfumés roupillent à 8 heures – et à 14 heures, pour la même raison. Et si d’autres se disent qu’être exclu du système c’est plutôt préférable, vu qu’on peut gagner en un mois autant que les autres en dix ans. A ma connaissance il n’y a qu’un ministre qui affiche une telle priorité, celui de l’Intérieur, et son collègue en charge de l’Education (qui encore une fois a raison de rappeler que le débat n’est pas clos) vient de lui tirer dans le dos. Le quinquennat va être chaud.

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