Mono no aware, 2 (PCPD)

J’ai déjà parlé de Jean Ristat et de Digraphe, une revue à qui je dois beaucoup, la notoriété non mais la conscience d’être poète (bon ou mauvais – mais être adoubé par cette revue était déjà un brevet…sauf que) – sauf que les mauvaises langues, innombrables dans le milieu littéraire (un vrai « milieu » au sens biologique) avaient rebaptisé ladite revue « PCPD », référence subtile à l’appartenance politique et à l’orientation sexuelle de ses principaux animateurs.

Collectionneur de chattes à tous les sens, je ne suis pas soupçonnable d’avoir cherché à me pousser dans le « milieu » par des moyens obliques. Toutefois, dans les années 80 (haïssables à plus d’un titre, j’y reviendrai) on avait l’occasion de passer sous la herse : »Salut ! je suis pédé. » (sous-entendu : et toi ?) Et certains de mes condisciples à l’ENS (Saint-Cloud), déjà passablement provocateurs à l’époque, s’affichaient, revendiquaient, militaient… So what ? direz-vous. Ben, rien, sinon que voici le tapis volant politique, déjà passablement plombé par les questions économiques et financières, brutalement alourdi par une question de société apparemment urgente : le mariage gay, puisque désormais il faut ainsi parler.

J’en ai rencontré, donc. Que les pédés veuillent se marier, où est le problème, direz-vous, gens de progrès et happy taxpayers ? Nulle part, sauf que des pédés obsédés par leur droit au mariage je n’en ai jamais rencontré aucun. A mon avis c’est une invention californienne – et comme chacun sait, ce qui est californien (une économie qui si elle se généralisait consommerait sept planètes-Terre, rappelons-le) finit par s’imposer au monde entier : la bagnole partout, le joint pour tous, les psychanalystes pour chiens, Microsoft, Facebook…Sans doute ce qu’on appelle des avancées décisives de la civilisation. Dont acte. Etait-il bien indispensable de faire de cette question marginale un marqueur de la nouvelle majorité ? Au point de faire explicitement la comparaison (Noel Mamère, ce soir encore) avec l’abolition de la peine de mort en 1981 ? On se demande parfois si, en dehors de leur image (exhibée en permanence, d’où un certain exhibitionnisme…exogène), les politiques se soucient de quelque chose. Par exemple, de qui les a fait rois.

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