Locus caeruleus (Office des ardens, 4)

à  Z. Guiyun

Naissant nous disons au monde bonne nuit
Puis à toute force nous habitons son sommeil
Anges tritons nous y précèdent chamarrés
D’innocence       passacaille d’intentions pures
(Il a bien fallu se penser immortel
Pour laisser entrer le peuple des songes)

Alors à eux enchaîné comme à des vaisseaux
Si rapides  (mais que vaincre avec cet élan ?)
Plus d’un comme nous enivré de bleu klein
A chevauché son coeur et couru
Sa chance endormi autour d’un corps
Sororal ou nageant dans le tumulte de son sang

Montures de la nuit architectures
Que devenez-vous quand l’eau flambe et respire
Qu’il faut se traverser reprendre l’aviron
Encore embarrassé de transparents      où
Retournez-vous

Nos rêves sont tissus de douleur ancienne
Toiles d’araigne sur ces plaies se posent

Le parfum sui generis de votre peau amie
Flotte dans des creux peuplés d’encaustique
De buis de linoleum d’acétone

Toute l’eau de Gange abominablement sainte
Ses enfants momifiés sous une voûte de singes
Et de signes flamboyants regards plus de l’éther
Cathédrales acidulées ruisselantes d’idoles
Lascives menaçantes comme notre nuit

La nuit d’une espèce qui voit plus loin que sa main

Ces objets que je dépose à vos genoux
Ne tremblez pas c’est en passant moi-même

O quand viendra le ciel

(quand viendra le ciel)

Alain PRAUD

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