Walt Whitman : Feuilles d’herbe , 1

C’est moi que je célèbre,
Et ce que je tiens pour vrai sera ta vérité,
Car chaque atome dont je suis fait tu en es fait aussi.

Je flâne et convie mon âme,
Je me penche, flânant à loisir … pour observer un brin d’herbe d’été.

Maisons et chambres débordent de parfums … leurs rayons croûlent sous les parfums,
Je me pénètre de leur fragrance, je l’inspire et je l’aime.
Si cette essence vient à me griser, je ne la laisserai pas faire.

L’atmosphère n’est pas un parfum … elle n’a pas goût à cette essence … elle est inodore,
Elle est à jamais pour ma bouche … je l’aime d’amour.
J’irai l’orée du bois j’y serai défroqué nu,
Je veux à la folie éprouver son contact.

La vapeur de mon souffle même,
Echos, rides sur l’eau, rumeur bourdonnante … racine d’amour, fil de soie, entrejambe et vigne,
Ma respiration, mon inspiration … les battements de mon coeur … le passage du sang et de l’air dans mes poumons,
La senteur des feuilles vertes et des feuilles mortes, du rivage de la mer et de ses sombres roches, et du foin dans la grange,
Le bruit des mots que ma voix éructe … mots jetés aux tourbillons du vent,
Quelques baisers volés … quelques étreintes … des bras qui cherchent,
Le jeu d’ombre et de lumière sur les arbres aux souples ondulantes ramures,
Se délecter seul ou dans la ruée des rues, au long des champs, au flanc des collines,
La sensation de bonne santé … le trille du grand midi … le chant de moi levé du lit à la rencontre du soleil.

Traduction nouvelle : Alain PRAUD

(à suivre)

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