Nishat 233

Chemins de forêt qu’on fait en se parlant

amassant autour de soi tout l’être

disponible ( épaisseur des mousses comme de l’air )

Ombre partout bêtes furtives tout l’invisible

présent agissant On finirait par oublier

à quel arbre on a confié son cheval

Alain PRAUD

Nishat 232

Tous les ciels enfin sont étroits

C’est à tel point qu’ils nous trahissent

Nous qui venons de monde colorés

à outrance fauves primitifs

sans passé qui peut le croire

Vraiment si les ciels s’étrécissent

ceux qui suaves s’y suspendent

à qui se fier ne sauront

et brûlant voleront au large

Alain PRAUD

Nishat 228

S’imaginer (parfois) comme légendaire

après tant de verbes partagés ce serait

se souvenir d’un tilleul magique

de vieilles maisons comme le pain

de quatre livres qu’on rapportait fier

avec la monnaie sur la route sans autos

et le soir causer sous l’unique lampe

de la rue après tant d’insectes brefs

Alain PRAUD