Nishat 268

L’arbre ne parle pas à notre entendement

mais à notre misère Lui dans l’axe du monde

nous quelque part dans les périphéries

Il est d’un lieu et de nul autre

Le bien le mal lui sont lettre morte

comme ses feuilles laissées au bien public

souverainement

Alain PRAUD

(17 novembre)

Tombeau de monsieur Samuel Paty

Anémones au miroir noir

Le col des fleurs s’incline et sombre

entre sens et absence ( le noir

dense sans épaisseur ni ombre )

Et la vertu noyée de nuit

interroge Frère que dis-tu là

Le devoir est comme rubis dans l’ombre

sa beauté ne dit rien d’elle-même

quelque chose du destin du monde

Le devoir s’est incorporé les mains ouvertes

comme pour prier mais personne

et pourquoi faut-il que rayonne

sur le miroir des anémones

un geste aussi universel

Le jour prolonge la nuit

sans jamais lui faire injure

Alain PRAUD

(25 octobre 2020)

Nishat 262

Voués dès l’enfance à la musique bonne

( celle qui augmente et cimente, la jointive)

  • ce qui n’est pas elle est bruit et fureur –

A la musique vraiment pensée joinstuite

il semble qu’on ne peut en conscience résister

Et c’est un autre secret du monde

Alain PRAUD

On se souvient de ces automnes

Le sous-bois odorant bruissant sous le pas

Telle douceur que tout lâche prise

et que les arbres semblent discourir

( notre bien-être venu de l’entretien infini

de ces autres êtres si fraternels )

Très haut le ciel, déclin et envol du temps

Alain PRAUD

(4 octobre 2020)