Nishat 301

Thomas Pesquet notre frère en espace

fait la promotion de l’idée de bonheur

Il est seul à voir la courbe de ce monde

( et donc que ce monde est si féminin )

Il est quelque chose de science en surplomb

et comme un prolongement de notre humanité

là même où nous la savons si improbable

Comme Tintin quasi nu il flotte une fois

ou deux dans ce vide maternel où nous reviendrons

AP

28 avril 2021

Nishat 299

Une nuit je le sais tu viendras me parler

non de ta voix vieille écaillée par les ans

mais de celle encore adolescente que j’entendais

en nous ( jolie comme la jeune reine )

Couché sous les lilas de la voisine entre les roses

trémières du petit jardin quelqu’un attend

d’un blues infini l’accord suspendu

AP

(25 avril 2021)

Nishat 298

Sépulture rêvée dans les vignes intimes

villageoises parmi les poireaux les asperges

et les pêches surtout tant plus goûteuses

en calottant ainsi soit-il les guêpes

Notre sépulture est au coeur humain et même

un peu derrière le plus palpitant

AP

(21 avril 2021)

Nishat 297

Mondes lointains que nous entrevoyons

lumineux ou non (selon nos échelles)

laissez-nous flotter vers vous lentement

impassibles voyageurs du vide – sans

doute croisant parfois d’autres lueurs –

jusqu’à nous repentir (mais à quoi bon)

d’avoir cru à quelque vide ici-bas

AP

(19 avril 2021)

Nishat 296

A bras le corps dans la vieille forêt

où je te convie mon âme si tu veux

( et pas seulement des ondes sur de l’eau )

Le monde qu’on a craint se jette à nous

pousse et rhizome sous les feuilles

Et alors mes amis comme tout va s’écrire

AP

(14 avril 2021)

Nishat 294

Infortunément je ne sais

ni monter à cheval ni tirer l’épée

J’ai cependant arpenté des pierriers

des névés parcourus de bêtes volubiles

Mes chevaux piaffent dans la rivière du ciel

Le verbe indocile est mon élément

AP

(27 mars 2021)